mercredi 4 mars 2015

#LTConsult

Petit aperçu d'une après-midi de consultation...

Patient n°1 : ancien grand préma de 6 mois, qui déménage sur la région. Nécessite des injections de Synagis (un genre de vaccin contre la bronchiolite réservé aux enfants fragiles et exclusivement fait à l'hôpital) et quelqu'un pour reprendre le suivi. Consultation conjointe avec la psychomotricienne programmée depuis 1 mois, plage de 1h réservée.
15 min après l'heure du rendrez-vous, toujours personne. Pensant que la maman est perdue dans les méandres des étiquettes et de la pharmacie hospitalière, j'appelle sur son portable. "Qui ça ? Ah oui ! Ah zut j'ai oublié de vous prévenir, on n'a pas déménagé finalement..." Poin, poin, poin, poiiiinnn...

Qu'à cela ne tienne, ça me laisse du temps pour remplir le PAI (Projet d'Accueil Individualisé) d'une autre patiente. De la paperasse et des certificats pour expliquer à une directrice d'école que c'est pas la peine de forcer une fillette de 3 ans, allergique aux protéines du lait de vache, à finir tous ses yaourts à la cantine, surtout si ça la fait vomir... (Chez certaines personnes obtuses, la paperasse doit remplacer le bon sens manquant...)

Ah tiens, patient n°2 n'est pas là...

Patiente n°3 : 3 mois, cardiopathie et retard de croissance. Injection de Synagis aussi. L'écho coeur est mieux, elle grossit doucement. En revanche, pas beaucoup d'évolution dans son éveil depuis le mois dernier... A revoir le mois prochain en espérant ne pas lui trouver un syndrome à la con...

Ah tiens, patient n°2, 4 mois, est arrivé avec 45 min de retard ! La secrétaire me demande si je le vois quand même. Vu que c'est un ancien préma qui nécessite lui aussi une injection de Synagis, je lui dis que oui, mais j'explique au père que je ne vais faire que la piqûre, et qu'on verra plus tard pour la consultation parce que là il a beaucoup de retard et que j'ai d'autres patients qui attendent...
"Ah, parce qu'il a la fièvre et il tousse, quand même"... En déshabillant l'enfant pour le peser, effectivement, il respire comme une savate et n'a pas un super teint. Injection, appel des urgences pour lui organiser prise de sang et radio, négociation avec le collègue pour qu'il gère la suite des opérations. Voilà pour la petite piqûre vite fait entre deux... (Au final, radio pourrie, enfant hospitalisé)

Patient n°4 : 3 ans, vu aux urgences le mois dernier pour une bête angine avec une constipation importante. Angine traitée, rendez-vous pris pour parler de la constipation plus tranquillement qu'un samedi soir 20h au milieu du bazar. En prenant le temps, je découvre que c'est un jumeau, ancien préma, constipé depuis la naissance, avec des fécalomes importants. Il a aussi un probable retard de langage. Traitement mis en place, à revoir dans 3 mois pour suivre l'évolution...

Patiente n°5 : 15 mois, ancienne préma. Marche depuis le mois dernier. Se dandine partout et met le bazar dans mon cabinet avec ses petites lunettes roses sur le bout du nez, en me racontant des tas de trucs auxquels on ne comprend rien... :) Disparition complète de son hypertonie, on échange avec les parents sur leurs souvenirs de néonat. Heureusement quand même qu'elle était là, ça a un peu sauvé mon après-midi !




mercredi 4 février 2015

CREF

CREF... ou Contrat de Retour à l'Equilibre Financier. Mais CREF c'est son petit nom. C'est devenu la marotte des administratifs, leur bonne raison à opposer à toutes les demandes en agitant l'index d'un air faussement peiné "Tutututtt... Peut pas. CREF."

Le CREF permet de refuser des postes supplémentaires, de geler les investissements, de mettre les mamans de la maternité dehors un peu plus vite, c'est bien le CREF. Plus récemment, le CREF (c'est toujours lui, hein, jamais un(e) personne de la haute administration ne prend la responsabilité, c'est le CREF) a décidé qu'il fallait aussi réduire les dépenses de bouche. Ainsi donc, voici quelques exemples des nouvelles dotations pour le service de pédiatrie en ce qui concerne les repas autres que ceux fournis par la cuisine centrale :

Pour 13 lits (voire 14 ou 15 mais on le dit pas parce que c'est pas légal même si ça fait de l'activité en plus...) /mois
- 34 litres de lait 1/2 écrémé
- 79 biscuits (même pas top, les biscuits, des galettes St Michel quoi...)
- 150 boites de céréales individuelles

Récapitulons : par jour, pour 13 à 15 enfants
- 1,13 litre de lait 1/2 écrémé soit moins de 100 ml / enfant (un petit verre quoi...)
- 2,6 biscuits par jour (z'avez intérêt à être sages les mioches, les deux meilleurs auront un goûter)
- 5 boites de céréales (non Kévin, toi c'est le mercredi et le samedi que t'as droit aux corn flakes)

Jusqu'à présent le service offrait le matin aux parents qui avaient passé une nuit (souvent chaotique) auprès de leur enfant un petit café avec des tartines et un sourire. Sauf que le pain est rationné, qu'il faut choisir entre le bol de chocolat ou le café pour verser le demi-verre de lait aloué, et que le sourire a tendance à se faire de plus en plus rare dans ces conditions...

Ne pas gaspiller, je veux bien. Essayer de raisonner les dépenses de santé, je suis pas contre. Mais pousser la mesquinerie à ce point... J'ose même pas imaginer ce que ça donne dans les services de personnes agées.

Sachant que par ailleurs des sommes folles se dépensent en logiciels pas-pratiquo-mal-ficelés pour l'Informatisation Du Circuit Médicament (les prescriptions électroniques, ça veut dire), ça me met en boule ! (Mais ceci est une autre histoire, qui peut-être sera contée une autre fois...)

mercredi 3 septembre 2014

La double peine

La double peine, c'est Monsieur Dragon qui fait la gueule parce qu'il réalise seulement que je bosse trois week-ends d'affilée en septembre, et qu'il doit gérer les dragonnets la veille et le lendemain de ses déplacements.

La double peine, c'est le pincement aigu au coeur quand Dragon2 lève les yeux vers moi et me demande "On dort à la maison aujourd'hui maman ? Tout le monde ?"

La double peine c'est quand la première chose qu'on réponde à la maîtresse est "Non, je n'assisterai pas à la réunion d'information"

Ca me pèse. Franchement.

mardi 26 août 2014

Paie tes vacances !

Pour la première fois depuis que je suis externe je crois, cet été j'ai réussi à prendre 4 semaines de vacances consécutives. Quatre semaines !
Pour la première fois depuis bien longtemps, du temps pour ne rien faire ou pas grand-chose, ne pas courir toujours, découvrir ses enfants... Quel bien fou ça m'a fait !

Le revers de la médaille, c'est que le retour se paie cher. "Rien ne se perd, rien ne se crée..." c'est valable pour les gardes aussi : si y en a pas pendant 4 semaines, ben y en aura 4 fois plus les 4 semaines suivantes... Jours pairs, jours impairs, ça devient facile à se rappeler. Ah tiens y a même un jour où je suis seule au lieu de 4 habituellement.

Heureusement que la pédiatrie est un spécialité saisonnière et que les urgences restent calmes (même si la maternité déborde), mais même comme ça, il parait bien loin le bénéfice des vacances...

Le plus rigolo dans l'histoire, c'est qu'avec toutes les plages additionnelles que j'accumule (c'est à dire les heures sup en plus des 48h hebdomadaires - oui, un médecin ça bosse de base 13h de plus qu'un quidam moyen, c'est comme ça), ben j'aurais de quoi en reprendre plein, des vacances... Enfin... Si je pouvais quoi.

mercredi 9 juillet 2014

Les Sans-Gêne

Y en a partout, y en a tout le temps.
Rien qu'aujourd'hui, j'en ai cumulé trois dans la même journée...

N°1 frappe à la porte du bureau de consultation de maternité en pleine matinée, demande à parler au docteur, c'est urgent. Intriguée, la puéricultrice la fait entrer après l'examen du nouveau-né en cours. Madame entre, cosy au bout du bras. "Je suis sortie y a 10 jours et là j'avais rendez-vous pour ses oreilles, mais il a des coliques, docteur c'est affreux, faut que vous le voyiez tout de suite..."
Allo ? Non mais allo, quoi...

N°2 c'est un appel très embêté de ladite puéricultrice sur mon portable perso à 13h15 alors que je suis en train de manger pour dire : "Tu sais, la dame du tant qui voulait pas sortir ce matin... Ben elle a changé d'avis, il faudrait que tu la voies..." Mais bien sûr, mes consult commencent à 13h45, je suis à peine à table, j'ai que ça à faire bouffer avec un lance-pierre pour que les dames de ménage puissent nettoyer les chambres avant 16h... Pour couronner le tout, pas la sortie pépère mais un ttt et un suivi à organiser.

N°3 je devais les voir en consultation, justement. Enfin moi j'avais dit que c'était plus forcément nécessaire mais ils avaient insisté pour me revoir quand même, alors je les avais casés à 13h45, avant le début des consult "officielles". Ils ne sont jamais venus. En soi, c'est pas si grave, sauf que s'ils avaient pris la peine d'un coup de fil, j'aurais eu le temps de manger, j'aurais pris plus de temps avec les parents d'avant, et puis c'est de la simple politesse, tout bêtement.

Ce sont ces 1001 petites choses qui font lentement un travail de sappe, qui effritent jour après jour l'humeur jusqu'à faire des médecins de vieux cons acariatres. Combien de temps encore avant que j'envoie bouler n°1, au lieu de lui expliquer calmement que ce n'est ni le lieu ni le moment et de lui détailler la marche à suivre (avec au passage un cours sur les coliques) ? Combien de temps avant que je gueule sur la puéricultrice (qui n'y est pour rien) en lui disant que la dame sortira demain point ? Jusqu'à quand vais-je accepter de bousculer mon planning pour des gens qui au final n'en n'ont rien à foutre ?


vendredi 27 juin 2014

Syndrome de la maman Lambda

Je ne sais pas si ça n'arrive qu'à moi, je suis atteinte du syndrome de la maman Lambda.

C'est à dire que quand le panaris de Dragon1 de pas jo-jo devient moche puis vraiment moche malgré mes soins dévoués et que je me résigne à lui faire une ordonnance d'antibio, je suis incapable de le dire à la pharmacienne.
A la place, je réponds sagement à toutes ses questions ("oui, je connais", "non, il n'a pas d'allergie"), je hoche doucement la tête quand elle me détaille sur la boite le 3-fois-par-jour-avec-la-pipette, et je dis poliment "Merci madame" en repartant...
J'ai jamais été fichue de claquer ma carte de médecin sur le comptoir en hurlant à la cantonade "Vous me mettrez deux flacons de Machin !" (il parait qu'on peut le faire, hein, que même sans le sésame magique du petit papier tamponné ça marche... J'ai jamais vérifié, je sais pas...)

Pour ma défense, à ce jour, seulement deux personnes ont tiqué que le nom du docteur et le nom de la Carte Vitale était identiques (et là, oui, j'ai rougi un peu et avoué que j'étais médecin)

Je ne sais pas pourquoi au juste. C'est pas une honte, je fais rien de mal. Je ne pense pas abuser d'un système où la seule chose que je gagne c'est ne pas avoir à prendre rendez-vous. Juste, je veux pas me démarquer.

Et puis c'est assez marrant des fois, je me souviens avec émotion de mon premier bain en maternité, où l'élève auxiliaire m'expliquait avec grand sérieux des tas de choses que je savais déjà sur les bébés, mais que quelqu'un prenne le temps de le faire pour moi, ça m'avait curieusement touchée.

Des fois je me demande si je suis pas un peu cruche, de jouer comme ça à la maman Lambda...

mercredi 25 juin 2014

Syndrome d'épuisement professionnel... et familial

Aujourd'hui, mes 39°C, mes grosses amygdales ma petite tension et moi restons à la maison. C'est rien qu'une bête angine (enfin, au moins une angine d'homme quand même) mais c'est la troisième en 2 mois, moi qui n'avait rien fait de bien méchant depuis ma première année d'internat...
J'ai même été consulter, c'est dire ! Et la jeune généraliste que j'ai vu a hoché la tête avec un peu de peine dans les yeux quand je lui ai expliqué mon rythme de vie.

Est-ce lié, ne l'est-ce pas, depuis que Monsieur Dragon a failli nous emmener tous en Irlande, je me pose des questions sur mon exercice professionnel. Finalement, passé le premier choc, je crois que j'aurais été soulagée de devoir pour un temps être mère au foyer. M'arrêter de bosser.

Ca ne fait pas encore un an que je suis arrivée à NouvelHôpital que déjà je déchante... Les beaux projets qu'on me faisait miroiter n'ont pas vu le jour, les choses qui marchaient bien ne marchent plus l'administration refusant de financer 1/2 poste d'infirmière 5 jours / semaine, les gardes s'enchainent, les périphéries se désertifient et il ne se passe presque plus un jour sans que nous mutions à GrosCHU parce que le radiologue peut pas faire l'echo / l'anesthésiste refuse d'endormir / le psy a démissionné et personne pour le remplacer.
Je vois pas comment ça peut mieux aller. Je comprends pas qu'on nous harcèle pour 3 RUM (Résumé Unité Malade : ça veut rien dire, c'est juste des codes à mettre dans des cases pour que l'hôpital soit payé) en retard, et qu'on réponde à nos difficultés par "Parlez-moi en euros..."
Je veux dire tout le monde est d'accord que la nouvelle gouvernance c'est une catastrophe, mais chaque mesure prise ne fait que couler le navire un peu plus vite...

Et puis la ministre, elle a dit qu'il fallait que chaque enfant ait un médecin traitant. En pratique, je pense que c'est déjà le cas pour bon nombre d'entre eux. Pour les autres, je ne sais pas si avoir un MT ou le tiers payant généralisé les empêchera de venir engorger les urgences avec leurs bobos...
Du coup, ça me trotte dans la tête, de m'installer. Plus de gardes, plus de week-ends, plus de jonglages de ouf entre mon planning, celui de M. Dragon et ses déplacements, celui des GrandsParents Dragon.
Décider de mes horaires, même si ça veut dire gagner moins.
Après, c'est une autre activité. Un rythme sans doute beaucoup plus soutenu dans la journée, en tous cas plus régulier, de grosses journées en hiver. L'impossibilité d'appeler les collègues pour leur dire que ton 39 et toi vous restez à la maison. Plus de néonat même si je peux continuer le suivi de prémas par le biais du réseau de périnatalité. Davantage de suivi, de vaccins, de nez qui coulent.

Qu'est-ce que ça apporte un pédiatre en ville ? Quand on lit tweeter, quand on parle à des internes en MG, on dirait qu'un pédiatre de ville c'est jamais qu'un MG qu'aurait fait l'impasse sur tout le reste du programme.
M'enfin quand même, je m'interroge. Je reçois toutes les semaines des enfants adressés par leur MT en consultation, c'est bien qu'il y a des points sur lesquels on peut aider, non ? Ou est-ce qu'en passant libéral on devient Méchant Spécialiste juste bon à réclamer plus de sous pour la même prestation ?

J'ai pas encore franchi le pas. Je le franchirai, je pense, tôt ou tard, parce que je ne supporterai plus longtemps les instances hospitalières.
Je réfléchis à la pratique que je voudrais. Je me demande si la Maison de Santé Pluridisciplinaire d'à côté m'accueillerait à bras ouverts ou me refuserait tout de go parce que je viendrais voler les patients des gentils généralistes déjà présents.
J'y pense la veille de mes gardes, j'y pense les week-ends où je laisse M. Dragon qui fait la gueule et les dragonnets qui pleurent, j'y pense quand je dicte un courrier qui ne sera jamais lu mais qu'il faut que je le fasse quand même, j'y pense quand les mamans me demandent "mais vous, on peut pas vous revoir le mois prochain ?", j'y pense quand une jeune médecin généraliste installée hoche tristement la tête devant la presque vieille que je suis dont le système immunitaire n'arrive même plus à faire face à un bête streptocoque...

mardi 8 avril 2014

Charade

Mon premier n'est pas passé
Mon second appartient au passé
Mon troisième constitue le régime de base de tout étudiant qui se respecte

Mon tout, ce sont de nouvelles aventures en perspective pour la famille Dragon...

Edit : bon ben finalement non, la charade n'a plus lieu d'être ou en tous cas, pas maintenant.

mercredi 12 mars 2014

Complications

Quand on révise l'internat (pardon, l'ENC maintenant, je commence à faire figure de vieille croûte...), on ne comprend encore rien à la médecine.

Mais on connait bien ses questions de cours, et puis on sait bien quels mots vont rapporter des points au dossier.

A la question "Sinusite" par exemple, dans la case "Complications", bon ben déjà y a septicémie, celui là il y est toujours de toutes façons. On a aussi tous appris à marquer thrombophlébite cérébrale. Ca en jette, ça, ça n'arrive jamais, d'ailleurs on sait même pas trop ce que ça donne en vrai, mais ça va épater le correcteur, 3 points au moins. Et puis empyème, ça ouais, je vais marquer, celui là je suis sûre que les autres vont l'oublier, je vais gratter des places là-dessus.
Voilà comment on apprend la médecine.

Puis un jour son papa a très mal à la tête et ça tape encore plus quand il se penche en avant. "Ah ? T'as peut-être une sinusite..." Puis le lendemain, ben il a toujours mal et en plus il voit double, et puis il a un peu de fièvre, et en l'espace d'une demi-journée il devient le sujet d'étude préféré des urgentistes / radiologues / ORL / ophtalmo / infectieux / neurochir et bien sûr des petits externes du CHU d'à côté.

Alors quand l'interne du service donne les dernières nouvelles ("C'est vous la fille médecin ?" ça met un peu la pression) et qu'elle explique la thrombophlébite, et l'empyème, et la septicémie, dans ses yeux à elle comme dans mes yeux à moi, y a un truc qui dit "Mais putain, ça existe vraiment en vrai, tout ça ?"

Et finalement on se félicite que tout le monde ait bien appris son cours, si au final, c'est la médecine qui gagne.

lundi 13 janvier 2014

Généralités

Depuis que je fréquente pas mal Twitter, je lis assez régulièrement des blogs / tweet de médecins généralistes.
Omnipraticiens si vous préférez, et je trouve que ce terme exprime bien leur boulot.
Passer sans crier gare du renouvellement d'ordonnance du papi de 80 ans,  à la grippe, au suivi de maladie chronique, à la dame déprimée, au vaccin des 4 mois etc... je trouve ça admirable. Vraiment.
Faut connaître aussi bien la cardio que la rhumato, que la traumato, y a pas de coupe nulle part. J'envie même un peu le côté "médecin de famille", celui qui connait et sait les interactions entre tout ce petit monde là, qui voit les gens au plus proche de ce qu'ils sont. Ca doit exister un peu en pédiatrie libérale, mais en hospitalier c'est rare de suivre vraiment des fratries.

J'ai conscience que la perversion des études médicales a fait que pour un certain nombre d'entre eux, la médecine générale choix fut un choix "par défaut", et peut-être que certains en ressentent une sorte de frustration mauvaise tournée vers les spécialistes.
J'ai conscience qu'il existe des gens puants d'orgueil qui prennent de haut tout ce qui n'est pas eux et froissent des susceptibilités.

Mais quand même, ça me met toujours un peu en rogne quand je lis à droite ou à gauche des commentaires sarcastiques ou désobligeants sur "les spécialistes"...
Je sais pas, moi je suis bien contente de trouver des cardio ou des endocrino pour m'expliquer là où je ne comprends rien, et souvent même ce sont des gens gentils. (Bon, c'est un peu plus dur pour les radiologues et les chirurgiens, mais j'en connais des gentils, si, si, je vous assure :)

Non, non, promis, tous les spécialistes ne sont pas assis dans leur fauteuil en cuir derrière leur grand bureau en marbre en train de ricaner d'un air méprisant pendant qu'une secrétaire à la jupe courte leur apporte leur troisième café en confirmant leur prochain rendez-vous au golf...

Certains clichés ont la vie dure, peut-être à cause de quelques uns qui les entretiennent, mais je ne crois pas que le renouveau de la médecine générale passe par un dénigrement des spécialités.
La médecine change, elle est en train de changer, elle a déjà changé. Alors par pitié, ne généralisons pas !

mercredi 18 décembre 2013

Les devoirs à la maison

J'ai jamais aimé les devoirs à la maison. J'aurais préféré les faire en classe et que la maison soit consacrée aux loisirs, aux jeux, aux bons moments.

Le truc, quand on est pédiatre et qu'on a des enfants, c'est qu'on va forcément, forcément ramener des devoirs à la maison. De préférence en pleine période de surmenage.
Puis des enfants, on en voit tant, des vraiment malades, qu'on fait moyen gaffe aux signes précurseurs...

Alors oui, quand Dragon2 a tout vomi tout partout dans la cuisine l'autre soir, je me suis dit que j'avais été idiote de lui filer une papillote avant le repas, et j'ai sorti ma serpillière.
Quand il a pleuré la nuit, ben c'est comme toutes les autres nuits, au bout de trop de levers-tétines j'ai fini par le prendre avec moi et "rendors-toi mon chéri".
Ce qui m'a mis la puce à l'oreille, à vrai dire, c'est quand il s'est réveillé pour vomir en jet dans mon lit (le dilemme en redressant un gamin à tâtons dans le noir : que sacrifie-t-on couette, drap, pyjama... ok, un peu des trois...) Et la conclusion qui s'impose vite : "Et merde..."

Pour aujourd'hui, vous réviserez : "prise en charge de la gastro chez l'enfant : points essentiels."

- SRO (Soluté de Réhydratation Orale) : check (2 bibs complets en moins de 3h, ça pue, sans mauvais jeu de mot)
- Surveillance du poids : check (alors là, je suis pas peu fière d'avoir pensé à le faire monter sur le pèse-personne après une des 3 douches de la journée...)
- Signes de mauvaise tolérance : absents. Il est rose comme un coucou, joue de bon coeur, s'interrompt en chougnant dès que la couche est sale, mange de bon appétit et re-vomit aussitôt dans son assiette (ambiance à table garantie...)

Ce que ne détaillent pas les questions d'internat, mais qui personnellement me ferait rajouter 2 points au candidat le mentionnant :

- une boîte de gants de bricolage jetable (en plus du soluté hydro-alcoolique, mais celui-ci est déjà éliminatoire à la question classique)
- un lave-linge de compet'
- un sèche linge (quel bonheur !! ma petite joie dans cet océan de bleuargh)
- une méga-réserve de couches (j'ai du en passer au moins 10 et la nuit ne fait que commencer...)

Ne reste plus qu'à prier pour que mes 25 lavages de mains et 12 désinfections de surface diverses parviennent à contenir l'agent pathogène en question histoire que Dragon1 ne la chope pas, ou pire, que la future consigne à domicile soit : "gastro-entérite infectieuse de l'adulte : symptômes et traitement"

Enfin, comme dirait Monsieur Dragon, dans tout ça y a un point positif : cette année au moins, il tombe pas malade le 23...



vendredi 11 octobre 2013

Le pédiatre et la mort

Le choix de la pédiatrie n'est pas un choix anodin. La pédiatrie, en médecine, c'est un peu le pays des Bisounours : des couleurs pastels, des nounours partout, des "petits" bobos, des "petites" piqûres (tout est petit en pédiatrie), des petits patients qui dans 80 à 90 % des cas vont bien évoluer et pouvoir continuer à enquiquiner leurs parents de nombreuses années.

La pédiatrie c'est la vie, c'est être la première à féliciter un papa qui vient de connaître sa première frayeur de papa, c'est la naissance, l'espoir, le commencement.


Hormis quelques spécialités très pointues (ophtalmo, dermato peut-être, médecine du travail), je ne crois pas qu'il y ait de branche en médecine où l'on soit si peu confronté à la mort.
Et pourtant, comme le soulignait Robert Merle*, la mort est là, et elle gagne toujours à la fin.

Toutes les morts sont tristes, mais elles revêtent un caractère encore plus tragique, encore plus injuste, quand elles touchent un enfant.
En tant que médecin, reste toujours cette interrogation lancinante "Qu'aurais-je pu / du faire de plus ? Y avait-il un moyen de le sauver ?"
En tant que maman, c'est faire face à la douleur d'autres parents, c'est se prendre dans la gueule cette réalité qu'on occulte que nos petiots peuvent partir à tout moment, c'est enfouir au fond de soi cette toute petite pensée égoïste et coupable "plutôt elle que moi" et avoir hâte de rentrer serrer ses petits chauds et vivants contre soi.

C'est faire face à son impuissance et devoir l'accepter.

C'est tellement dur d'accepter la mort d'un enfant, ce n'est pas dans la nature des choses, c'est pas comme ça que le monde devrait tourner.
Certains parents n'y parviennent pas, se retournent contre l'hôpital dans leur souffrance, demandent réparation, obtiennent des jugements.
Quel drôle de métier que celui de juge qui doit déterminer à combien s'élève la valeur de la vie d'un enfant, et le préjudice moral subi par un bébé confronté à la perte de chance de poursuivre sereinement ses jours... Comment peut-on mener des discussions de marchands de tapis sur la somme à verser pour le décès d'un enfant :
"- je t'en offre tant.
- ah non, il est tout petit, il savait même pas qu'il vivait.
- bon alors va pour tant... "
Ca me choque au plus haut point.


Non, le choix de la pédiatrie n'est pas anodin. Je crois que le pédiatre est un médecin qui encaisse mal la mort.



*"Ce combat perpétuel et malheureux du médecin contre la mort qui est l'état du médecin, et je crois, son honneur" Fortune de France.

mercredi 9 octobre 2013

Bilan du premier mois

Cher confrère,

J'ai donc revu en bilan votre petite patiente DrJal et il ressort de l'examen :

- bonne intégration dans l'équipe médicale, en bonne voie dans l'équipe para-médicale. Tâtonne un peu quand à ses fonctions réelles, rend service.

- trajet domicile-boulot assez rural, long mais pas insurmontable. Côté + : la vue sur le Mont Blanc au détour d'une colline. Côté - : les convois d'engins agricoles.

- aucune différence notable côté gardes : du boulot, du boulot, du boulot. Petite déception, on s'attendait à quelque chose de plus calme.

- pas de difficulté majeure à apprivoiser l'outil informatique, qui à part quelques côtés pratiques, a tous les défauts qu'on pouvait attendre.

- corollaire du tout informatique : peut envisager à tout moment de se reconvertir dans le secrétariat médical. Déjà plus efficace seule que deux des trois secrétaires présentes.

- a présenté quelques accès de nostalgie, se console en se faisant du thé dans son grand bureau bien rangé.

Somme toute, le bilan est donc encourageant. Potentiel à exploiter. DrJal ne doit pas avoir peur de paraître méchante de temps à autre et veiller à maintenir un équilibre personnel satisfaisant.

Cordialement,


jeudi 12 septembre 2013

Le docteur des docteurs

Ca y est, j'ai donc commencé à NouvelHôpital, et pour l'instant, on peut dire que l'accueil est chaleureux. Outre mes confrères, ravis après un été de lourdes gardes, de cette adjonction à leur équipe, tout le membre du personnel me souhaite la bienvenue, de la directrice des affaires médicales à la lingère...

J'ai un beau bureau, mes badges ont été faits en moins de 48h, j'ai déjà ma place de parking (rien qu'à moi, avec mon nom dessus, hein, c'te claaaasse ;) et j'ai même eu droit à une visite médicale d'embauche.

Oui, oui, de la vraie médecine du travail. Non parce que jusqu'à maintenant, la médecine du travail c'était surtout un formulaire recto-verso à remplir tous les ans pour avoir le droit de venir se faire piquer contre la grippe mais pas grand-chose de plus.

Alors une vraie visite médicale... C'est simple, si on ne compte pas les grossesses, ça ne m'était pas arrivé depuis 5 ans. Une vraie complète et tout, hein, avec même palpation de la thyroïde (la dernière fois, j'étais externe et c'était pour que ma coloc' révise son cours...), la tension (un chouille haute, tiens donc...) et tout.
Et puis quelqu'un qui sincèrement s'intéresse : est-ce que j'arrive à manger tous les jours ? comment je dors ? si c'est pas trop compliqué avec les dragonnets, les gardes, et Monsieur Dragon absent la moitié de la semaine ? si ça ne me dérange pas d'avoir laissé tomber la réa pour de la néonat plus "pépère" ?

Alors oui, on a revérifié les vaccins, mais c'était pas le plus important. Le plus important c'est que pour la première fois j'ai senti qu'il existait un docteur des docteurs, quelqu'un qui se préoccupe un peu de ma santé à moi, et que si un jour ça n'allait pas, ben je pourrais demander à la revoir pour qu'on en parle. Et rien que ça, ça fait du bien.

dimanche 8 septembre 2013

J-1

Eh oui, sauf que cette fois c'est J-1 avant de reprendre...

Le déménagement s'est globalement bien passé. En points négatifs, on totalise juste la perte de mon portefeuille (lié à ma blonditude et l'état de décrépitude avancé de mes neurones) heureusement compensée par l'honnêteté d'un gentil monsieur, et la fuite du chat (ça c'est moins glop, pauvre bestiole, faire tout ce trajet pour aller se perdre je ne sais où, ça valait pas le coup...)

Les dragonnets se sont super bien faits à leur nouvelle vie, Monsieur Dragon et moi-même patouillons encore un peu. C'est assez génial de voir ma soeur et mes parents quasi quotidiennement (même si je soupçonne que le rythme va s'alléger, avec la reprise de nos vies respectives).

Moi je prépare donc mon cartable pour ma rentrée à moi. A dire vrai, je n'ai besoin de rien ou presque, mais ça ne m'empêche pas de bien tout préparer quand même : mon stéthoscope que j'ai acheté quand j'ai eu l'internat, le beau stylo que mes anciens collègues m'ont offert, ma paire de sandales "spéciales hosto" que je pourrais passer 36h dedans sans souffrir (et oui, c'est un fait avéré), mon carnet en loques où qu'il y a noté 3 fois 3 poso différentes pour le gluconate de calcium, et les numéros directs chèrement acquis des référents qui ne me serviront plus.

Je me demande comment ça va se passer, si je vais avoir une journée de "mise en route" ou si je vais d'emblée être mise dans le bain, si tout le monde va me vouvoyer, si j'ai un bureau réservé, comment sera l'accueil.
Je me demande si je vais être à l'heure, si je vais réussir à poser Dragon2 chez la nounou, Dragon1 à l'école et à ne pas me perdre ensuite pour être à temps au staff.

La seule chose en fait qui me rassure vraiment, ce sont les patients. Même si les équipes et les locaux changent, un nouveau-né reste un nouveau-né, et ça je connais (normalement :).

Ne reste donc plus qu'à me coucher tôt et prier pour que Dragon2 soit dans une bonne nuit (pas plus de 3 réveils) pour découvrir à quoi ressemblera le premier jour du reste de ma vie :P

mercredi 21 août 2013

J-2

Voilà. Voilà, voilà, voilà.

C'est ma dernière semaine, c'est mon avant-dernière garde, je viens de finir le livre de Jaddo, (www.jaddo.fr) pis de toutes façons c'est calme aux urgences et la petite née sur le seuil de l'hôpital va très bien. Alors voilà, je suis toute chose, genre comme un peu envie de pleurer.

Parce que je fais un beau métier, que j'y rencontre de chouettes gens. Parce que depuis 3 jours on n'arrête pas de me dire que des choses gentilles et à quel point je vais manquer. Parce que quand on se donne du mal pour être un bon médecin ça fait du bien de s'entendre dire qu'on est un sacrément-bon-médecin-que-des-comme-toi-y-en-a-pas-beaucoup.

Parce que 7 ans c'est le temps qu'il faut pour faire d'un petit 26 semaines de 700 g un grand garçon pressé d'aller jouer au parc (avec son asthme) et d'un bébé docteur un docteur des bébés.

Et puis parce que 7 ans dans une vie ça compte, et qu'une page de 7 ans qui se tourne, ben on a le droit d'avoir un peu comme une petite boule au ventre là. Et puis voilà.



lundi 19 août 2013

Secret médical

De garde l'autre jour, j'ai été appelée au bloc pour une césarienne en urgence.

38 SA, petit bébé, gros méchants troubles du rythme pas beaux. Rien que ça, déjà, ça promet une réa potentiellement lourde et ça fait monter le niveau d'alarme intérieur de deux crans (Je repense toujours à "Wargames" dans ces situations-là, un vieux film que seuls les trentenaires comme moi peuvent connaître avec ses petites loupiottes vertes, jaunes, oranges, rouges et je sais plus, noire ?... ) Dev 2 donc.

Pendant que je prépare soigneusement ma table de réa, j'apprends "C'est une fille de chez vous, au fait".
"Chez vous", ça veut dire qu'elle bosse en pédiatrie. Donc, je la connais. La pression monte d'un cran.
On me donne le nom. Ah ouais, je la connais, même que je l'aime bien (non que ça change quoi que ce soit à la prise en charge, sauf que ça fait un peu chier que ça tombe sur elle, quoi...) Même que je sais que ça fait des années qu'elle essaye, et que là c'est sa première grossesse après plusieurs FIV ratées.
Ok, on passe en loupiotte rouge pour le coup.

Alors quand paraît un petit bout de machin hurlant et gesticulant, rouge vif et prête à mettre des baffes aux méchants docteurs qui s'aviseraient de lui mettre un tuyau dans le nez, c'est tout bonheur et soulagement.

Vient le moment de remonter en pédiatrie et là, on a envie de hurler à la cantonade "Elle est née, elle va bien, elle est toute jolie, tralala" sauf que... sauf que résonne à ce moment un vieux bout de litanie "Admis dans l'intimité des familles blablabla..." et on réalise que ce n'est pas à nous d'annoncer ça.
Alors on remonte avec un coin de sourire au bord des lèvres, et on garde sa petite pépite de joie au chaud contre soi.

jeudi 15 août 2013

Festival

J-8 avant que je ne quitte définitivement l'hôpital, et les événements récents semblent se liguer pour que je ne regrette pas mon geste.

Déjà me coller 8 gardes en 22 jours au prétexte que ce sont mes dernières quand d'autres ne font qu'un jour férié sur le mois, ça passe mal.
Et puis beaucoup d'histoires lourdes, d'histoires tristes et surtout d'histoires horriblement révélatrices des dysfonctionnements quotidiens qui donnent envie de pleurer ou de crier ou de secouer quelqu'un très fort (fût-ce soi-même), parce que certes c'était pas de chance mais quand même, on n'a pas tout fait comme il aurait fallu...

HopitalVoisin qui laisse pourrir un bébé 4 heures à 70% de sat parce que "c'est le capteur qui fonctionne pas" jusqu'à ce qu'il fasse un arrêt... La césar faite au bloc général pour le confort des anesthésistes qui révèle en bébé en état de mort apparente et du bricolage avec un matériel pas adapté pour tenter (en vain) de le réanimer... Les infections à staph qui fleurissent en réa, l'acidose meumeuh qu'on y comprend rien sauf qu'on n'a pas bien regardé la méthémoglobinémie... Je sais, tout ça c'est du jargon, mais en dessous, ce sont des enfants et des familles qui souffrent.

Je sais que c'est un peu partout pareil, mais le changement sera bienvenu, car là j'en peux plus de l'administration qui mégote pour économiser des bouts de chandelles, du bricolage avec la vie des enfants en serrant les fesses pour que ça passe, des égos surdimensionnés et des pieds qu'il faut veiller à surtout pas écraser.

Je suis contente de partir, et ça me peine, sérieusement, pour les collègues que je laisse, qui se débattent là-dedans et qui vont continuer à s'y débattre un peu plus jusqu'au jour où fatigués, ils baisseront les bras...

Alors je sais que tout ne sera pas rose à NouvelHosto, que je vais immanquablement découvrir au fil des jours quelles guéguerres intestines se livrent en douce, mais ça sera forcément mieux. J'aurais voulu partir en bons termes, ne pas être de ceux qui déblatèrent sur leur ancien lieu de travail, partir confiante en me disant que ça allait aller après moi. Mais il semble que ce dernier mois soit le festival du N'importe Quoi, histoire de bien me faire comprendre que je quitte le navire à temps...

mardi 30 juillet 2013

Les jouets des urgences

Vous avez vu Toy Story 3 ? Vous savez ce dessin animé où l'enfer des vieux jouets, c'est d'être dans la section "petits" de la crèche...

Déménagement oblige, je ne savais que faire de tous les anciens jouets des dragons (soyons honnête, une très grande partie se retrouve dans des cartons, mais quand même les trucs de bébé-bébé...)
Emplie de bons sentiments, j'ai donc compilé une petite sélection de jouets lavables et résistants que j'ai remis à l'éducatrice du service de pédiatrie.

Erreur ! Le petit livre qu'ils aimaient tant, la maison avec les bonhommes se retrouvent dans la salle (enfin le couloir) d'attente des urgences. Il n'aura pas fallu une demie-journée pour voir les portes arrachées, les bonhommes éparpillés... Et ça me fait de la peine.
Je revois Dragon2 suçotant avec bonheur ce même bonhomme, Dragon1 ouvrant et fermant ladite porte et je me dis que ces jouets aimés méritaient mieux que ce destin là. Pardon les jouets, je vous imaginais distraire un petit bloqué au lit par sa perfusion, pas livrés en pâture aux fous furieux des urgences... Pardon.

lundi 29 juillet 2013

La reprise

A chaque retour de vacances c'est pareil.

On ne sait trop qu'espérer :
- trouver un service plein avec que des nouveaux enfants qu'il faut apprendre à connaître en moins d'une matinée
- trouver un service vide au risque de devoir faire plein de nouvelles entrées

Cette année, c'est l'option 1 qui a été retenue, pas forcément la plus facile étant donné que les enfants présents sont tous bien malades. C'est pas facile de prendre les bonnes décisions quand on ne connaît d'un patient que les transmissions faites par un collègue pressé de rentrer chez lui et un dossier parfois laconique. Je ne sais pas comment font les médecins qui font de l'intérim. Probablement qu'ils se contentent de prendre le moins de décisions possible.

En rentrant de vacances, il faut écouter les collègues raconter les événements marquants qui se sont déroulés en notre absence, le beau diagnostic de cardiopathie qu'ils ont posé ou bien (vivent les smartphones) le bébé tout malformé qu'est né quand on n'était pas là.

Rentrer de vacances, c'est aussi trouver sa bannette au secrétariat qui déborde de courrier, ouvrir ceux qui paraissent les plus importants, trouver des petits mots annotés "urgent" d'il y a 15 jours qui ne le sont plus, appeler des parents pour s'assurer que tel résultat leur a bien été transmis (ah ben non, justement, on se demandait...)

Ouvrir sa boîte mail après 3 semaines d'absence et un anti-spam défectueux, c'est devoir trier 423 nouveaux mails dont au final seuls 4 sont vraiment utiles, mais recevoir vraiment beaucoup de propositions pour être mince et gagner plein d'argent (ça se voit, que j'ai grossi ?)

C'est enfin zyeuter d'un air las la pile de dossiers amoncelés dans le bureau et avoir un petit bonheur en constatant qu'une bonne moitié est à la signature (rien d'autre à faire qu'à relire et signer pour faire baisser le tas, ça va vite).

Puis quand on a fait tout ça, on lève les yeux et c'est l'heure de partir.
Et puis demain on recommence.

Le plus dur dans la reprise, c'est de constater à quelle vitesse s'effacent les vacances...