Quand on révise l'internat (pardon, l'ENC maintenant, je commence à faire figure de vieille croûte...), on ne comprend encore rien à la médecine.
Mais on connait bien ses questions de cours, et puis on sait bien quels mots vont rapporter des points au dossier.
A la question "Sinusite" par exemple, dans la case "Complications", bon ben déjà y a septicémie, celui là il y est toujours de toutes façons. On a aussi tous appris à marquer thrombophlébite cérébrale. Ca en jette, ça, ça n'arrive jamais, d'ailleurs on sait même pas trop ce que ça donne en vrai, mais ça va épater le correcteur, 3 points au moins. Et puis empyème, ça ouais, je vais marquer, celui là je suis sûre que les autres vont l'oublier, je vais gratter des places là-dessus.
Voilà comment on apprend la médecine.
Puis un jour son papa a très mal à la tête et ça tape encore plus quand il se penche en avant. "Ah ? T'as peut-être une sinusite..." Puis le lendemain, ben il a toujours mal et en plus il voit double, et puis il a un peu de fièvre, et en l'espace d'une demi-journée il devient le sujet d'étude préféré des urgentistes / radiologues / ORL / ophtalmo / infectieux / neurochir et bien sûr des petits externes du CHU d'à côté.
Alors quand l'interne du service donne les dernières nouvelles ("C'est vous la fille médecin ?" ça met un peu la pression) et qu'elle explique la thrombophlébite, et l'empyème, et la septicémie, dans ses yeux à elle comme dans mes yeux à moi, y a un truc qui dit "Mais putain, ça existe vraiment en vrai, tout ça ?"
Et finalement on se félicite que tout le monde ait bien appris son cours, si au final, c'est la médecine qui gagne.
mercredi 12 mars 2014
lundi 13 janvier 2014
Généralités
Depuis que je fréquente pas mal Twitter, je lis assez régulièrement des blogs / tweet de médecins généralistes.
Omnipraticiens si vous préférez, et je trouve que ce terme exprime bien leur boulot.
Passer sans crier gare du renouvellement d'ordonnance du papi de 80 ans, à la grippe, au suivi de maladie chronique, à la dame déprimée, au vaccin des 4 mois etc... je trouve ça admirable. Vraiment.
Faut connaître aussi bien la cardio que la rhumato, que la traumato, y a pas de coupe nulle part. J'envie même un peu le côté "médecin de famille", celui qui connait et sait les interactions entre tout ce petit monde là, qui voit les gens au plus proche de ce qu'ils sont. Ca doit exister un peu en pédiatrie libérale, mais en hospitalier c'est rare de suivre vraiment des fratries.
J'ai conscience que la perversion des études médicales a fait que pour un certain nombre d'entre eux, la médecine générale choix fut un choix "par défaut", et peut-être que certains en ressentent une sorte de frustration mauvaise tournée vers les spécialistes.
J'ai conscience qu'il existe des gens puants d'orgueil qui prennent de haut tout ce qui n'est pas eux et froissent des susceptibilités.
Mais quand même, ça me met toujours un peu en rogne quand je lis à droite ou à gauche des commentaires sarcastiques ou désobligeants sur "les spécialistes"...
Je sais pas, moi je suis bien contente de trouver des cardio ou des endocrino pour m'expliquer là où je ne comprends rien, et souvent même ce sont des gens gentils. (Bon, c'est un peu plus dur pour les radiologues et les chirurgiens, mais j'en connais des gentils, si, si, je vous assure :)
Non, non, promis, tous les spécialistes ne sont pas assis dans leur fauteuil en cuir derrière leur grand bureau en marbre en train de ricaner d'un air méprisant pendant qu'une secrétaire à la jupe courte leur apporte leur troisième café en confirmant leur prochain rendez-vous au golf...
Certains clichés ont la vie dure, peut-être à cause de quelques uns qui les entretiennent, mais je ne crois pas que le renouveau de la médecine générale passe par un dénigrement des spécialités.
La médecine change, elle est en train de changer, elle a déjà changé. Alors par pitié, ne généralisons pas !
Omnipraticiens si vous préférez, et je trouve que ce terme exprime bien leur boulot.
Passer sans crier gare du renouvellement d'ordonnance du papi de 80 ans, à la grippe, au suivi de maladie chronique, à la dame déprimée, au vaccin des 4 mois etc... je trouve ça admirable. Vraiment.
Faut connaître aussi bien la cardio que la rhumato, que la traumato, y a pas de coupe nulle part. J'envie même un peu le côté "médecin de famille", celui qui connait et sait les interactions entre tout ce petit monde là, qui voit les gens au plus proche de ce qu'ils sont. Ca doit exister un peu en pédiatrie libérale, mais en hospitalier c'est rare de suivre vraiment des fratries.
J'ai conscience que la perversion des études médicales a fait que pour un certain nombre d'entre eux, la médecine générale choix fut un choix "par défaut", et peut-être que certains en ressentent une sorte de frustration mauvaise tournée vers les spécialistes.
J'ai conscience qu'il existe des gens puants d'orgueil qui prennent de haut tout ce qui n'est pas eux et froissent des susceptibilités.
Mais quand même, ça me met toujours un peu en rogne quand je lis à droite ou à gauche des commentaires sarcastiques ou désobligeants sur "les spécialistes"...
Je sais pas, moi je suis bien contente de trouver des cardio ou des endocrino pour m'expliquer là où je ne comprends rien, et souvent même ce sont des gens gentils. (Bon, c'est un peu plus dur pour les radiologues et les chirurgiens, mais j'en connais des gentils, si, si, je vous assure :)
Non, non, promis, tous les spécialistes ne sont pas assis dans leur fauteuil en cuir derrière leur grand bureau en marbre en train de ricaner d'un air méprisant pendant qu'une secrétaire à la jupe courte leur apporte leur troisième café en confirmant leur prochain rendez-vous au golf...
Certains clichés ont la vie dure, peut-être à cause de quelques uns qui les entretiennent, mais je ne crois pas que le renouveau de la médecine générale passe par un dénigrement des spécialités.
La médecine change, elle est en train de changer, elle a déjà changé. Alors par pitié, ne généralisons pas !
mercredi 18 décembre 2013
Les devoirs à la maison
J'ai jamais aimé les devoirs à la maison. J'aurais préféré les faire en classe et que la maison soit consacrée aux loisirs, aux jeux, aux bons moments.
Le truc, quand on est pédiatre et qu'on a des enfants, c'est qu'on va forcément, forcément ramener des devoirs à la maison. De préférence en pleine période de surmenage.
Puis des enfants, on en voit tant, des vraiment malades, qu'on fait moyen gaffe aux signes précurseurs...
Alors oui, quand Dragon2 a tout vomi tout partout dans la cuisine l'autre soir, je me suis dit que j'avais été idiote de lui filer une papillote avant le repas, et j'ai sorti ma serpillière.
Quand il a pleuré la nuit, ben c'est comme toutes les autres nuits, au bout de trop de levers-tétines j'ai fini par le prendre avec moi et "rendors-toi mon chéri".
Ce qui m'a mis la puce à l'oreille, à vrai dire, c'est quand il s'est réveillé pour vomir en jet dans mon lit (le dilemme en redressant un gamin à tâtons dans le noir : que sacrifie-t-on couette, drap, pyjama... ok, un peu des trois...) Et la conclusion qui s'impose vite : "Et merde..."
Pour aujourd'hui, vous réviserez : "prise en charge de la gastro chez l'enfant : points essentiels."
- SRO (Soluté de Réhydratation Orale) : check (2 bibs complets en moins de 3h, ça pue, sans mauvais jeu de mot)
- Surveillance du poids : check (alors là, je suis pas peu fière d'avoir pensé à le faire monter sur le pèse-personne après une des 3 douches de la journée...)
- Signes de mauvaise tolérance : absents. Il est rose comme un coucou, joue de bon coeur, s'interrompt en chougnant dès que la couche est sale, mange de bon appétit et re-vomit aussitôt dans son assiette (ambiance à table garantie...)
Ce que ne détaillent pas les questions d'internat, mais qui personnellement me ferait rajouter 2 points au candidat le mentionnant :
- une boîte de gants de bricolage jetable (en plus du soluté hydro-alcoolique, mais celui-ci est déjà éliminatoire à la question classique)
- un lave-linge de compet'
- un sèche linge (quel bonheur !! ma petite joie dans cet océan de bleuargh)
- une méga-réserve de couches (j'ai du en passer au moins 10 et la nuit ne fait que commencer...)
Ne reste plus qu'à prier pour que mes 25 lavages de mains et 12 désinfections de surface diverses parviennent à contenir l'agent pathogène en question histoire que Dragon1 ne la chope pas, ou pire, que la future consigne à domicile soit : "gastro-entérite infectieuse de l'adulte : symptômes et traitement"
Enfin, comme dirait Monsieur Dragon, dans tout ça y a un point positif : cette année au moins, il tombe pas malade le 23...
Le truc, quand on est pédiatre et qu'on a des enfants, c'est qu'on va forcément, forcément ramener des devoirs à la maison. De préférence en pleine période de surmenage.
Puis des enfants, on en voit tant, des vraiment malades, qu'on fait moyen gaffe aux signes précurseurs...
Alors oui, quand Dragon2 a tout vomi tout partout dans la cuisine l'autre soir, je me suis dit que j'avais été idiote de lui filer une papillote avant le repas, et j'ai sorti ma serpillière.
Quand il a pleuré la nuit, ben c'est comme toutes les autres nuits, au bout de trop de levers-tétines j'ai fini par le prendre avec moi et "rendors-toi mon chéri".
Ce qui m'a mis la puce à l'oreille, à vrai dire, c'est quand il s'est réveillé pour vomir en jet dans mon lit (le dilemme en redressant un gamin à tâtons dans le noir : que sacrifie-t-on couette, drap, pyjama... ok, un peu des trois...) Et la conclusion qui s'impose vite : "Et merde..."
Pour aujourd'hui, vous réviserez : "prise en charge de la gastro chez l'enfant : points essentiels."
- SRO (Soluté de Réhydratation Orale) : check (2 bibs complets en moins de 3h, ça pue, sans mauvais jeu de mot)
- Surveillance du poids : check (alors là, je suis pas peu fière d'avoir pensé à le faire monter sur le pèse-personne après une des 3 douches de la journée...)
- Signes de mauvaise tolérance : absents. Il est rose comme un coucou, joue de bon coeur, s'interrompt en chougnant dès que la couche est sale, mange de bon appétit et re-vomit aussitôt dans son assiette (ambiance à table garantie...)
Ce que ne détaillent pas les questions d'internat, mais qui personnellement me ferait rajouter 2 points au candidat le mentionnant :
- une boîte de gants de bricolage jetable (en plus du soluté hydro-alcoolique, mais celui-ci est déjà éliminatoire à la question classique)
- un lave-linge de compet'
- un sèche linge (quel bonheur !! ma petite joie dans cet océan de bleuargh)
- une méga-réserve de couches (j'ai du en passer au moins 10 et la nuit ne fait que commencer...)
Ne reste plus qu'à prier pour que mes 25 lavages de mains et 12 désinfections de surface diverses parviennent à contenir l'agent pathogène en question histoire que Dragon1 ne la chope pas, ou pire, que la future consigne à domicile soit : "gastro-entérite infectieuse de l'adulte : symptômes et traitement"
Enfin, comme dirait Monsieur Dragon, dans tout ça y a un point positif : cette année au moins, il tombe pas malade le 23...
vendredi 11 octobre 2013
Le pédiatre et la mort
Le choix de la pédiatrie n'est pas un choix anodin. La pédiatrie, en médecine, c'est un peu le pays des Bisounours : des couleurs pastels, des nounours partout, des "petits" bobos, des "petites" piqûres (tout est petit en pédiatrie), des petits patients qui dans 80 à 90 % des cas vont bien évoluer et pouvoir continuer à enquiquiner leurs parents de nombreuses années.
La pédiatrie c'est la vie, c'est être la première à féliciter un papa qui vient de connaître sa première frayeur de papa, c'est la naissance, l'espoir, le commencement.
Hormis quelques spécialités très pointues (ophtalmo, dermato peut-être, médecine du travail), je ne crois pas qu'il y ait de branche en médecine où l'on soit si peu confronté à la mort.
Et pourtant, comme le soulignait Robert Merle*, la mort est là, et elle gagne toujours à la fin.
Toutes les morts sont tristes, mais elles revêtent un caractère encore plus tragique, encore plus injuste, quand elles touchent un enfant.
En tant que médecin, reste toujours cette interrogation lancinante "Qu'aurais-je pu / du faire de plus ? Y avait-il un moyen de le sauver ?"
En tant que maman, c'est faire face à la douleur d'autres parents, c'est se prendre dans la gueule cette réalité qu'on occulte que nos petiots peuvent partir à tout moment, c'est enfouir au fond de soi cette toute petite pensée égoïste et coupable "plutôt elle que moi" et avoir hâte de rentrer serrer ses petits chauds et vivants contre soi.
C'est faire face à son impuissance et devoir l'accepter.
C'est tellement dur d'accepter la mort d'un enfant, ce n'est pas dans la nature des choses, c'est pas comme ça que le monde devrait tourner.
Certains parents n'y parviennent pas, se retournent contre l'hôpital dans leur souffrance, demandent réparation, obtiennent des jugements.
Quel drôle de métier que celui de juge qui doit déterminer à combien s'élève la valeur de la vie d'un enfant, et le préjudice moral subi par un bébé confronté à la perte de chance de poursuivre sereinement ses jours... Comment peut-on mener des discussions de marchands de tapis sur la somme à verser pour le décès d'un enfant :
"- je t'en offre tant.
- ah non, il est tout petit, il savait même pas qu'il vivait.
- bon alors va pour tant... "
Ca me choque au plus haut point.
Non, le choix de la pédiatrie n'est pas anodin. Je crois que le pédiatre est un médecin qui encaisse mal la mort.
*"Ce combat perpétuel et malheureux du médecin contre la mort qui est l'état du médecin, et je crois, son honneur" Fortune de France.
La pédiatrie c'est la vie, c'est être la première à féliciter un papa qui vient de connaître sa première frayeur de papa, c'est la naissance, l'espoir, le commencement.
Hormis quelques spécialités très pointues (ophtalmo, dermato peut-être, médecine du travail), je ne crois pas qu'il y ait de branche en médecine où l'on soit si peu confronté à la mort.
Et pourtant, comme le soulignait Robert Merle*, la mort est là, et elle gagne toujours à la fin.
Toutes les morts sont tristes, mais elles revêtent un caractère encore plus tragique, encore plus injuste, quand elles touchent un enfant.
En tant que médecin, reste toujours cette interrogation lancinante "Qu'aurais-je pu / du faire de plus ? Y avait-il un moyen de le sauver ?"
En tant que maman, c'est faire face à la douleur d'autres parents, c'est se prendre dans la gueule cette réalité qu'on occulte que nos petiots peuvent partir à tout moment, c'est enfouir au fond de soi cette toute petite pensée égoïste et coupable "plutôt elle que moi" et avoir hâte de rentrer serrer ses petits chauds et vivants contre soi.
C'est faire face à son impuissance et devoir l'accepter.
C'est tellement dur d'accepter la mort d'un enfant, ce n'est pas dans la nature des choses, c'est pas comme ça que le monde devrait tourner.
Certains parents n'y parviennent pas, se retournent contre l'hôpital dans leur souffrance, demandent réparation, obtiennent des jugements.
Quel drôle de métier que celui de juge qui doit déterminer à combien s'élève la valeur de la vie d'un enfant, et le préjudice moral subi par un bébé confronté à la perte de chance de poursuivre sereinement ses jours... Comment peut-on mener des discussions de marchands de tapis sur la somme à verser pour le décès d'un enfant :
"- je t'en offre tant.
- ah non, il est tout petit, il savait même pas qu'il vivait.
- bon alors va pour tant... "
Ca me choque au plus haut point.
*"Ce combat perpétuel et malheureux du médecin contre la mort qui est l'état du médecin, et je crois, son honneur" Fortune de France.
mercredi 9 octobre 2013
Bilan du premier mois
Cher confrère,
J'ai donc revu en bilan votre petite patiente DrJal et il ressort de l'examen :
- bonne intégration dans l'équipe médicale, en bonne voie dans l'équipe para-médicale. Tâtonne un peu quand à ses fonctions réelles, rend service.
- trajet domicile-boulot assez rural, long mais pas insurmontable. Côté + : la vue sur le Mont Blanc au détour d'une colline. Côté - : les convois d'engins agricoles.
- aucune différence notable côté gardes : du boulot, du boulot, du boulot. Petite déception, on s'attendait à quelque chose de plus calme.
- pas de difficulté majeure à apprivoiser l'outil informatique, qui à part quelques côtés pratiques, a tous les défauts qu'on pouvait attendre.
- corollaire du tout informatique : peut envisager à tout moment de se reconvertir dans le secrétariat médical. Déjà plus efficace seule que deux des trois secrétaires présentes.
- a présenté quelques accès de nostalgie, se console en se faisant du thé dans son grand bureau bien rangé.
Somme toute, le bilan est donc encourageant. Potentiel à exploiter. DrJal ne doit pas avoir peur de paraître méchante de temps à autre et veiller à maintenir un équilibre personnel satisfaisant.
Cordialement,
J'ai donc revu en bilan votre petite patiente DrJal et il ressort de l'examen :
- bonne intégration dans l'équipe médicale, en bonne voie dans l'équipe para-médicale. Tâtonne un peu quand à ses fonctions réelles, rend service.
- trajet domicile-boulot assez rural, long mais pas insurmontable. Côté + : la vue sur le Mont Blanc au détour d'une colline. Côté - : les convois d'engins agricoles.
- aucune différence notable côté gardes : du boulot, du boulot, du boulot. Petite déception, on s'attendait à quelque chose de plus calme.
- pas de difficulté majeure à apprivoiser l'outil informatique, qui à part quelques côtés pratiques, a tous les défauts qu'on pouvait attendre.
- corollaire du tout informatique : peut envisager à tout moment de se reconvertir dans le secrétariat médical. Déjà plus efficace seule que deux des trois secrétaires présentes.
- a présenté quelques accès de nostalgie, se console en se faisant du thé dans son grand bureau bien rangé.
Somme toute, le bilan est donc encourageant. Potentiel à exploiter. DrJal ne doit pas avoir peur de paraître méchante de temps à autre et veiller à maintenir un équilibre personnel satisfaisant.
Cordialement,
jeudi 12 septembre 2013
Le docteur des docteurs
Ca y est, j'ai donc commencé à NouvelHôpital, et pour l'instant, on peut dire que l'accueil est chaleureux. Outre mes confrères, ravis après un été de lourdes gardes, de cette adjonction à leur équipe, tout le membre du personnel me souhaite la bienvenue, de la directrice des affaires médicales à la lingère...
J'ai un beau bureau, mes badges ont été faits en moins de 48h, j'ai déjà ma place de parking (rien qu'à moi, avec mon nom dessus, hein, c'te claaaasse ;) et j'ai même eu droit à une visite médicale d'embauche.
Oui, oui, de la vraie médecine du travail. Non parce que jusqu'à maintenant, la médecine du travail c'était surtout un formulaire recto-verso à remplir tous les ans pour avoir le droit de venir se faire piquer contre la grippe mais pas grand-chose de plus.
Alors une vraie visite médicale... C'est simple, si on ne compte pas les grossesses, ça ne m'était pas arrivé depuis 5 ans. Une vraie complète et tout, hein, avec même palpation de la thyroïde (la dernière fois, j'étais externe et c'était pour que ma coloc' révise son cours...), la tension (un chouille haute, tiens donc...) et tout.
Et puis quelqu'un qui sincèrement s'intéresse : est-ce que j'arrive à manger tous les jours ? comment je dors ? si c'est pas trop compliqué avec les dragonnets, les gardes, et Monsieur Dragon absent la moitié de la semaine ? si ça ne me dérange pas d'avoir laissé tomber la réa pour de la néonat plus "pépère" ?
Alors oui, on a revérifié les vaccins, mais c'était pas le plus important. Le plus important c'est que pour la première fois j'ai senti qu'il existait un docteur des docteurs, quelqu'un qui se préoccupe un peu de ma santé à moi, et que si un jour ça n'allait pas, ben je pourrais demander à la revoir pour qu'on en parle. Et rien que ça, ça fait du bien.
J'ai un beau bureau, mes badges ont été faits en moins de 48h, j'ai déjà ma place de parking (rien qu'à moi, avec mon nom dessus, hein, c'te claaaasse ;) et j'ai même eu droit à une visite médicale d'embauche.
Oui, oui, de la vraie médecine du travail. Non parce que jusqu'à maintenant, la médecine du travail c'était surtout un formulaire recto-verso à remplir tous les ans pour avoir le droit de venir se faire piquer contre la grippe mais pas grand-chose de plus.
Alors une vraie visite médicale... C'est simple, si on ne compte pas les grossesses, ça ne m'était pas arrivé depuis 5 ans. Une vraie complète et tout, hein, avec même palpation de la thyroïde (la dernière fois, j'étais externe et c'était pour que ma coloc' révise son cours...), la tension (un chouille haute, tiens donc...) et tout.
Et puis quelqu'un qui sincèrement s'intéresse : est-ce que j'arrive à manger tous les jours ? comment je dors ? si c'est pas trop compliqué avec les dragonnets, les gardes, et Monsieur Dragon absent la moitié de la semaine ? si ça ne me dérange pas d'avoir laissé tomber la réa pour de la néonat plus "pépère" ?
Alors oui, on a revérifié les vaccins, mais c'était pas le plus important. Le plus important c'est que pour la première fois j'ai senti qu'il existait un docteur des docteurs, quelqu'un qui se préoccupe un peu de ma santé à moi, et que si un jour ça n'allait pas, ben je pourrais demander à la revoir pour qu'on en parle. Et rien que ça, ça fait du bien.
dimanche 8 septembre 2013
J-1
Eh oui, sauf que cette fois c'est J-1 avant de reprendre...
Le déménagement s'est globalement bien passé. En points négatifs, on totalise juste la perte de mon portefeuille (lié à ma blonditude et l'état de décrépitude avancé de mes neurones) heureusement compensée par l'honnêteté d'un gentil monsieur, et la fuite du chat (ça c'est moins glop, pauvre bestiole, faire tout ce trajet pour aller se perdre je ne sais où, ça valait pas le coup...)
Les dragonnets se sont super bien faits à leur nouvelle vie, Monsieur Dragon et moi-même patouillons encore un peu. C'est assez génial de voir ma soeur et mes parents quasi quotidiennement (même si je soupçonne que le rythme va s'alléger, avec la reprise de nos vies respectives).
Moi je prépare donc mon cartable pour ma rentrée à moi. A dire vrai, je n'ai besoin de rien ou presque, mais ça ne m'empêche pas de bien tout préparer quand même : mon stéthoscope que j'ai acheté quand j'ai eu l'internat, le beau stylo que mes anciens collègues m'ont offert, ma paire de sandales "spéciales hosto" que je pourrais passer 36h dedans sans souffrir (et oui, c'est un fait avéré), mon carnet en loques où qu'il y a noté 3 fois 3 poso différentes pour le gluconate de calcium, et les numéros directs chèrement acquis des référents qui ne me serviront plus.
Je me demande comment ça va se passer, si je vais avoir une journée de "mise en route" ou si je vais d'emblée être mise dans le bain, si tout le monde va me vouvoyer, si j'ai un bureau réservé, comment sera l'accueil.
Je me demande si je vais être à l'heure, si je vais réussir à poser Dragon2 chez la nounou, Dragon1 à l'école et à ne pas me perdre ensuite pour être à temps au staff.
La seule chose en fait qui me rassure vraiment, ce sont les patients. Même si les équipes et les locaux changent, un nouveau-né reste un nouveau-né, et ça je connais (normalement :).
Ne reste donc plus qu'à me coucher tôt et prier pour que Dragon2 soit dans une bonne nuit (pas plus de 3 réveils) pour découvrir à quoi ressemblera le premier jour du reste de ma vie :P
Le déménagement s'est globalement bien passé. En points négatifs, on totalise juste la perte de mon portefeuille (lié à ma blonditude et l'état de décrépitude avancé de mes neurones) heureusement compensée par l'honnêteté d'un gentil monsieur, et la fuite du chat (ça c'est moins glop, pauvre bestiole, faire tout ce trajet pour aller se perdre je ne sais où, ça valait pas le coup...)
Les dragonnets se sont super bien faits à leur nouvelle vie, Monsieur Dragon et moi-même patouillons encore un peu. C'est assez génial de voir ma soeur et mes parents quasi quotidiennement (même si je soupçonne que le rythme va s'alléger, avec la reprise de nos vies respectives).
Moi je prépare donc mon cartable pour ma rentrée à moi. A dire vrai, je n'ai besoin de rien ou presque, mais ça ne m'empêche pas de bien tout préparer quand même : mon stéthoscope que j'ai acheté quand j'ai eu l'internat, le beau stylo que mes anciens collègues m'ont offert, ma paire de sandales "spéciales hosto" que je pourrais passer 36h dedans sans souffrir (et oui, c'est un fait avéré), mon carnet en loques où qu'il y a noté 3 fois 3 poso différentes pour le gluconate de calcium, et les numéros directs chèrement acquis des référents qui ne me serviront plus.
Je me demande comment ça va se passer, si je vais avoir une journée de "mise en route" ou si je vais d'emblée être mise dans le bain, si tout le monde va me vouvoyer, si j'ai un bureau réservé, comment sera l'accueil.
Je me demande si je vais être à l'heure, si je vais réussir à poser Dragon2 chez la nounou, Dragon1 à l'école et à ne pas me perdre ensuite pour être à temps au staff.
La seule chose en fait qui me rassure vraiment, ce sont les patients. Même si les équipes et les locaux changent, un nouveau-né reste un nouveau-né, et ça je connais (normalement :).
Ne reste donc plus qu'à me coucher tôt et prier pour que Dragon2 soit dans une bonne nuit (pas plus de 3 réveils) pour découvrir à quoi ressemblera le premier jour du reste de ma vie :P
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